Les chiffres de la dernière étude BPI Lab 2016 met en lumière à quel point les patrons d’entreprises (startups, PME & ETI) ressentent plusieurs solitudes dans l’exercice de leur activité.

Ils sont 86% à avoir des DIFFICULTES à savoir bien s’entourer pour décider, 93% à subir une SURCHARGE de travail et 67% à SOUFFRIR du manque de relais et de soutien dans leur entreprise.

Ce sujet n’est pas nouveau, mais contrairement à l’Allemagne où la pratique des “Beirat” est répandue, contrairement aux pays anglo-saxons et aux Etats-Unis où la mise en place d’advisory board est reconnue, les patrons d’entreprises françaises doivent encore être convaincus de l’efficacité de cette bonne pratique de gouvernance.

Pourquoi tant de dirigeants et patrons, pourtant intelligents, ignorent-ils cette stratégie qui leur rapportera sur le long terme, un complément d’intelligence collective et d’expérience à la réflexion du Dirigeant, en particulier en matière de progrès, d’accélération, d’innovation & de développement et de transmission ?

En tant qu’actionnaire d’une ETI familiale depuis toujours, administrateur depuis 10 ans et ayant exercé en Family Office, voici mes objections aux craintes les plus fréquemment exprimées par les patrons d’entreprise. Décomptons les ensemble !

8. Je ne vais trouver aucune personne qualifiée qui voudra faire partie de mon advisory board/ comité consultatif.

Il existe une multitude de talents incroyables de dirigeants chevronnés, de fondateurs qui ont vendu leur entreprise, d’entrepreneurs «intermédiaires» et de ceux qui «ont été là, ont fait cela» dans et hors de votre secteur. Leur motivation ? Aider les autres à atteindre des résultats similaires et à redonner ce qu’ils ont reçu de pairs ou appris.

7. J’ai déjà beaucoup de conseillers dans mon entourage

Lorsque vous prenez des décisions concernant ce qui convient le mieux à votre entreprise, vous devez mettre l’accent sur ce qui est le mieux pour votre entreprise, et non sur vos conseillers.

Un advisory board vous offre l’opportunité d’élargir votre cercle d’experts au-delà de votre avocat et de votre expert-comptable. De plus, prendre comme conseillers pour votre advisory board votre avocat, votre banquier ou votre comptable en tant que membres présente des pièges. Ces conseillers travaillant déjà pour vous, ils ne peuvent ne pas être aussi objectifs que vous le souhaitez.

6. Cela va me prendre trop de temps de mettre en place un advisory board

Dans l’ordre des priorités entre urgent, important et peu important, la création d’un conseil consultatif est l’une de ces activités qui ne sont pas urgentes (votre entreprise ira pour le moment sans conseil consultatif) mais qui sont très importantes . Votre succès, vos revenus, vos réalisations et votre façon de relever les défis de l’entreprise mesurent tous le retour sur investissement de votre temps de création d’un conseil consultatif.

5. Je ne veux pas que d’autres soient au courant de mes problèmes

En tant que dirigeant, vous attachez de l’importance à garder vos problèmes et ceux de l’entreprise en privé pour de nombreuses bonnes raisons. Cependant, les personnes extérieures ont souvent une solution à vos problèmes, que vous n’auriez pas envisagé. Ils peuvent même vous signaler des problèmes que vous n’auriez pas encore détecté. Pour sécuriser vos discussions, vous pouvez mettre en place une charte et des clauses de confidentialité.

4. Nous n’avons pas assez de sujets pour nourrir un conseil consultatif

Vraiment ? Pourquoi ne pas revoir la stratégie, analyser les données financières qui nécessitent une amélioration, déterminer la faisabilité d’une expansion dans une nouvelle région ou une nouvelle gamme de produits, des problèmes opérationnels et la relève de la direction ?

3. Cela va me ralentir dans ma prise de décision

Avez-vous déjà entendu l’expression « tout seul on va vite, ensemble on va loin » ? En tant que dirigeant, vous vous efforcez de prendre des décisions qui soient les meilleures et les plus rapides possible. Votre comité consultatif, lui, s’attachera à vous faire prendre de meilleures décisions, parfois au détriment de la rapidité.

À mesure que votre entreprise devient plus grande et plus complexe, c’est peut-être précisément ce qui fonctionne le mieux.

2. Si je choisis les mauvaises personnes, je suis coincé.

Choisir les bonnes personnes est la clé! Tout d’abord, créez un processus simple de qualification et d’entretien pour identifier les meilleurs choix. Votre réseau actuel, peut vous aider à constituer une bonne liste de candidats. Puis interrogez les meilleurs candidats pour prendre une décision sur laquelle vous aurez confiance pour servir au mieux votre entreprise .

Deuxièmement, les limites de mandat sont votre soupape de sécurité. Le premier mandat peut être d’un an. Après cela, les mandats peuvent être échelonnés sur deux ou trois ans.

1. Je ne veux pas perdre le contrôle de mon entreprise

La création d’un advisory board/comité consultatif est l’un des meilleurs moyens de garder le contrôle, en particulier si votre entreprise se développe et prospère.

Ne confondez pas les conseils consultatifs avec les conseils d’administration des sociétés anonymes, dont les prérogatives sont définies dans la loi.

Dans un comité consultatif, le but est de donner des conseils et de définir des finalités communes. Les membres n’ont aucune responsabilité pénale (sauf gestion de fait) et n’ont donc pas besoin d’être assurés. Ils travaillent avec vous sur accord verbal, même si nous recommandons des échanges documentés.

En conclusion

Lorsque vous mettez en place votre advisory board/conseil consultatif, vous investissez de votre temps et de l’argent. Il est impératif de le constituer sérieusement et de vous entourer de profils qualifiés, expérimentés, avec la bonne posture.

Valorisez la contribution des membres, même quand ils ne sont pas d’accord avec vous. Parfois, un conseil a plus de valeur lorsqu’il recommande de ne pas prendre des mesures. De bons membres d’advisory board ont souvent déjà suivi la même voie, et leur expérience et leurs échecs vous aideront à éviter des erreurs coûteuses.

Mon souhait est que prochainement vous disiez: “Mettre en place un advisory board/conseil consultatif aura été la meilleure chose que j’ai pu faire pour mon entreprise.”